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 Jasper Fforde: Thursday Next

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Melyssa
Anobli pour son courage


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MessageSujet: Jasper Fforde: Thursday Next   Mar 5 Avr - 14:38


Publiés d'abord en version semi grand format chez Fleuve noir avant d'être réédités en format Poche, les aventures de Thursday Next se déroulent sur 4 romans pour la première saison et sur deux romans - pour le moment - pour la 2e saison (oui oui, on parle bien de livres. Et de saisons). L'ordre de publication est le suivant:
- 1ère saison
1. L'Affaire Jane Eyre (The Eyre Affair)
2. Délivrez-moi ! (Lost in a Good Book)
3. Le Puits des histoires perdues (The Well of Lost Plots)
4. Sauvez Hamlet ! (Something Rotten)

- 2ème saison
1. Le Début de la fin (First Among Sequels)
2. One of our Thursdays is missing (à paraître en France)




~ Présentation de la série

Source: Wikipedia

La série débute en 1985, en Angleterre. Ici, le Royaume-Uni n'existe plus. L'Angleterre est une république avec, à sa tête, le premier président George Formby, élu à la suite de la libération du pays des forces nazies ; le Pays de Galles est une « République Populaire ». La Guerre de Crimée fait rage depuis plus de 130 ans. La Russie a toujours un Tsar, et le Parti Whig a encore sa place à la Chambre des communes.

La police traditionnelle ne traite pas les affaires considérées comme « trop particulières ». C'est le Service des Opérations Spéciales (O.S ou OpSpecs) qui s'en charge. Il est divisé en plusieurs sections plus ou moins obscures et nommées par ordre d'importance.

Une section OpSpec est dédiée à la littérature. Elle est chose très sérieuse dans cette Angleterre républicaine. Pour exemple, la polémique autour de la véracité de l'identité de William Shakespeare divise la société ; beaucoup de personnes changent de patronyme pour celui de leur auteur préféré (pour mieux les différencier, leur nouveau nom est suffixé d'un numéro. Par exemple, John Milton432) ; on trouvera aussi dans les lieux publics des « Shakesparleurs », machines à l'image de personnages connus de Shakespeare et placées dans des lieux publics comme les quais de gare, qui récitent contre paiement les tirades les plus connues de leur personnage.

Thursday Next, la trentaine et déjà héroïne de la guerre de Crimée, est détective à la Brigade Littéraire, la section numéro 27 des OpSpecs, communément appelée OS-27.

Les aventures de Thursday Next naissent d'un fait essentiel : la porosité entre la fiction et la « réalité ». Certains personnages de roman et personnes « réelles » peuvent « sauter » la frontière qui sépare les deux mondes.

On découvre ainsi que les personnages romanesques sont conscients de leur sort. Ils savent qu'ils sont dans un livre. On les entend souvent dire qu'on n'a pas besoin d'eux avant telle ou telle page, à la manière des acteurs de théâtre. Ils ont donc du temps pour avoir d'autres activités. Mais ce principe n'est pas clairement expliqué quand se pose le problème des lectures multiples.

Jasper Fforde s'amuse dans ses histoires à jouer avec nous, lecteurs, en détournant des techniques d'écriture, de typographie, de dialogues ou d'édition à des fins narratives. Savez-vous par exemple, parler le Lorem ipsum ou le Courrier Gras?

Le « Monde des Livres » possède aussi sa propre police, la Jurifiction, qui s'assure de la bonne continuité de la narration et du respect du style propre à l'auteur et au genre littéraire de chaque livre.

Thursday, détective littéraire et passionnée de littérature, sera tout naturellement amenée à travailler pour la Jurifiction.





~ Mon avis

Comme vous l'aurez compris avec la présentation, on tape en plein dans l'uchronie (mais pas que. On pourrait y ranger à peu près tous les genres). Oh, et c'est très drôle aussi. Ce qui a l'avantage de vous faire des abdos d'acier sans bouger du canapé. Sans oublier de préciser que si ça n'est pas déjà fait, c'est A LIRE ABSOLUMENT.

Parfois, on se retrouve par accident avec un livre inconnu au bataillon dans les pattes et on se dit allez, pourquoi pas, allons-y. Et une fois le livre fini on se demande comment foutre a-t-on pu passer à côté de la chose pendant tout ce temps. C'est ce qui m'est arrivé il y a quatre ou cinq étés de ça lorsque j'ai découvert Thursday, et si je n'ai pas encore eu l'occasion de les relire depuis (et que donc, ça devient un peu floutu là-dedans) j'en garde aujourd'hui encore un souvenir... ébouriffant (et même que je vais me les relire cet été. Du coup j'associerais toujours cette série à l'été évidemment).

Tellement de choses sont fourrées dans ces livres (à commencer par quelques milliers d'autres livres) que dans les mains de n'importe quel auteur ça serait devenu une véritable bouillie absolument immangeable. Dans les mains de n'importe quel auteur, sauf dans celles de Mr Fforde. C'est brillamment idiot, absurdement intelligent, et il y a tellement de références à tout et n'importe quoi (en particulier à divers auteurs et genres littéraires, mais pas que. Ça parle de mammouths et de Daleks aussi xD) que même si on en rate une partie, on en trouvera forcément d'autres qui nous parleront. Et ça, c'est chouette, parce que du coup quand on lit du Jasper Fforde, on a tendance à se sentir intelligent, et ça ne fait jamais de mal de se la péter face à soi-même de temps en temps Laughing. Plus sérieusement, c'est là l'une des forces de ces romans: ils s'adapteront à tout le monde. Ils sont accessible à tous, quel que soit l'âge, le niveau culturel, tout le monde y trouvera son compte, et personne ne s'en sentira exclu, malgré les moultes moultes références à la littérature classique britannique ou autres.
Cela dit, pour ne pas vous mentir, une petite gymnastique cérébrale est nécessaire sur les premiers chapitres, le temps de se caler sur le rythme un peu particulier de l'auteur. Mais ça vient vite, assez vite pour ne pas avoir eu le temps de se perdre. De toute façon, vous ne pouvez pas vous perdre, puisque ça n'est rien de moins que le chat du Cheshire qui vous guidera dans la Grande Bibliothèque.

Les temps morts n'existent que très peu dans le monde de Thursday, sans pour autant noyer le lecteur sous un flot de bonds inutiles au milieu desquels on finit par se perdre. Reste que oui, c'est rocambolesque, mais on suit le mouvement. C'est du grand n'importe quoi, mais amené d'une telle manière que ma foi, oui, pourquoi pas, en fait. Il est très sensé son délire enfin de compte geek

La façon d'utiliser les clichés est aussi très amusante: on n'en aura jamais vu un tel alignement, et on ne les aura jamais vus aussi volontairement et aussi ouvertement alignés; si bien qu'au delà d'une bête dénonciation, ça devient un véritable hommage au cliché. C'est juste complètement jouissif au bout du compte.

Au passage, j'admets volontiers que ces livres doivent être un véritable cauchemar à traduire (on a quoi, 3 jeux de mot par lignes un truc comme ça), et c'est ce qui doit expliquer (sans pour autant justifier) la disparition de quelques paragraphes par-ci par là... S'il vous est possible de vous tourner vers la VO, faites-le Wink (mais ça reste à lire même en VF hein!)


Et pour conclure, point vital s'il en est, l'auteur, en tout bon britannique qui se respecte, parle de Doctor Who dans au moins l'un des tomes - sans compter le guest staring Daleks , donc lol! (et franchement, les gens qui zaiment le Docteur, vous allez adorer Thursday )


(Et sinon, Hamlet, c'est quand même un gros boulet xD)




~ Extraits

Je choisis volontairement en premier extrait l'un de ceux qui ont sauté en VF. Ca doit pourtant être très amusant à traduire geek (le problème en cours est le non-respect du ratio de "had had" et de "that that" autorisés dans une oeuvre, pour vous situer)

Citation :
'Good. Item seven. The had had and that that problem. Lady Cavendish, weren't you working on this?'

Lady Cavendish stood up and gathered her thoughts. . . .

'It's mostly an unlicensed usage problem. At the last count David Copperfield alone had had had had sixty-three times, all but ten unapproved. Pilgrim's Progress may also be a problem owing to its had had / that that ratio.'

'So what's the problem in Progress?'

'That that had that that ten times but had had had had only twice. Increased had had usage had had to be overlooked but not if the number exceeds that that that usage.'

'Hmm,' said the Bellman. 'I thought had had had had TGC's approval for use in Dickens? What's the problem?'

'Take the first had had and that that in the book by way of example,' explained Lady Cavendish. 'You would have thought that that first had had had had good occasion to be seen as had, had you not? Had had had approval but had had had not; equally it is true to say that that that that had had approval but that that other that that had not.'

'So the problem with that other that that was that--?

'That that other--other that that had had approval.'

'Okay,' said the Bellman, whose head was in danger of falling apart like a chocolate orange, 'let me get this straight: David Copperfield, unlike Pilgrim's Progress, which had had had, had had had had. Had had had had TGC's approval?'

There was a very long pause.

'Right,' said the Bellman with a sigh.

Extrait 2: Thursday découvre la Grande Bibliothèque.
Citation :
- C'est drôlement grand ici, murmurai-je en regardant autour de moi.
- Trois cent kilomètres dans chaque direction, dit le Chat négligemment en se mettant à ronronner. Vingt-six étages au-dessus du sol, vingt-six au-dessous.
- Vous devez avoir un exemplaire de chaque livre qui ait jamais été écrit, observai-je.
- Chaque livre qui sera jamais écrit, rectifia le Chat, plus quelques autres.
- Combien?
- Ma foi, je n'ai pas compté, mais il y en a sûrement plus de douze.

Il sourit et cligna ses grands yeux verts. Soudain, je compris où je l'avais déjà vu.

- Vous êtes le Chat du Cheshire, n'est-ce pas?
- J'étais le Chat du Cheshire, répondit-il d'un air légèrement accablé. Mais depuis qu'ils ont déplacé les frontières du comté, je suis devenu officiellement le Chat de l'Autorité Unitaire de Warrington, sauf que ça ne sonne pas pareil. Au fait, bienvenue à la Jurifiction.


Extrait 3: Les personnages des Hauts de Hurlevent participent à un stage de gestion de la colère

Citation :
— Bonsoir, tout le monde, déclara Miss Havisham, et merci d’être venus assister au stage sur la gestion de la colère organisé par la Jurifiction.

Elle s’exprimait sur un ton presque amical, ce qui ne lui ressemblait guère ; je me demandai combien de temps elle pourrait tenir.

— Et voici Miss Next qui assistera à la séance en observatrice. Bon, allez, donnons-nous la main et formons un cercle de confiance pour l’accueillir dans le groupe. Où est Heathcliff ?
— Je ne sais absolument pas où est cette crapule ! clama Linton rageusement. Il peut être vautré dans la bourbe, je m’en moque… Que le diable l’emporte, ce ne sera pas trop tôt !
— Oh ! s’écria Catherine en retirant sa main de celle d’Edgar. Pourquoi le hais-tu autant ? Lui qui m’a aimée plus que tu n’as jamais su le faire… !
— Allons bon, interrompit Miss Havisham d’un ton conciliant. Rappelez-vous ce qu’on a dit la semaine dernière à propos des insultes. Edgar, vous devriez vous excuser auprès de Catherine d’avoir traité Heathcliff de crapule, et vous, Catherine, vous avez promis de ne pas parler de votre amour pour Heathcliff devant votre mari.

Ils marmonnèrent des excuses.

— Heathcliff ne va pas tarder, annonça une domestique que je supposai être Nelly Dean. Son agent a dit qu’il avait de la promo à faire. Ne peut-on pas commencer sans lui ?

Miss Havisham consulta sa montre.

— On n’a qu’à boucler les présentations.

Manifestement, elle avait hâte d’en finir et de rentrer chez elle.

— On pourrait se présenter à Miss Next et lui résumer nos sentiments en même temps. Edgar, vous voulez bien ?
— Moi ? Bon, très bien. Je m’appelle Edgar Linton, propriétaire légitime de Thrushcross Grange ; je hais et méprise Heathcliff parce que, quoi que je fasse, ma femme Catherine est toujours amoureuse de lui.
— Je m’appelle Hindley Earnshaw, bredouilla l’ivrogne, fils aîné du vieux Mr. Earnshaw. Je hais et méprise Heathcliff parce que mon père l’a préféré à moi et que, plus tard, cette crapule m’a dépossédé de mon droit d’aînesse.
— Excellent, Hindley, approuva Miss Havisham. Pas un seul mot ordurier. Je trouve qu’on fait de gros progrès. Suivant ?
— Je suis Hareton Earnshaw, dit un jeune homme maussade en fixant la table.

Ces réunions avaient l’air de l’agacer beaucoup plus que les autres.

— Fils de Hindley et Frances. Je hais et méprise Heathcliff parce qu’il me traite à peine mieux qu’un chien, alors que je ne lui ai rien fait ; il me punit moi parce que mon père le traitait comme un domestique.
— Je suis Isabella, annonça une belle femme, la sœur d’Edgar. Je hais et méprise Heathcliff parce qu’il m’a menti, maltraitée, frappée et qu’il a essayé de me tuer. Puis, après ma mort, il a enlevé notre fils et s’est servi de lui pour accaparer l’héritage des Linton.
— Beaucoup de colère chez celle-là, chuchota Miss Havisham. Vous commencez à entrevoir le schéma qui se profile ?
— Ils n’aiment pas trop Heathcliff ?
— Ça se voit tant que ça ? répondit-elle, consternée que ses séances de thérapie de groupe n’aient pas produit le résultat escompté.
— Je suis Catherine Linton, déclara une jeune fille autoritaire et sûre d’elle qui ne devait pas avoir plus de seize ans. Fille d’Edgar et de Catherine. Je hais et méprise Heathcliff parce qu’il m’a retenue prisonnière pendant cinq jours, loin de mon père mourant, pour me forcer à épouser Linton… et ce uniquement pour s’approprier Thrushcross Grange, le domaine des Linton.
— Je suis Linton, fit un enfant chétif en toussant dans un mouchoir, fils de Heathcliff et d’Isabella. Je hais et méprise Heathcliff parce qu’il m’a privé du seul bonheur possible que j’aurais pu connaître et m’a laissé mourir en captivité, simple pion au service de son projet de vengeance.
— Oyez, oyez, murmura Catherine Linton.
— Je suis Catherine Eamshaw, dit la dernière femme en balayant le petit groupe d’un regard dédaigneux, et j’aime Heathcliff plus que la vie même !

Les autres gémirent ; quelques-uns secouèrent la tête d’un air accablé, et la jeune Catherine fit mine de s’enfoncer les doigts dans la gorge.
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